Prendre en force sans prendre en masse : la méthode que j’ai apprise en lutte

En lutte libre, la force est essentielle — mais le poids l’est tout autant. Quand chaque gramme compte sur la balance, il faut trouver un équilibre : comment devenir plus fort sans prendre de masse ?

Pendant mes années d’entraînement, je me suis souvent posé cette question. Je m’entraînais dur, souvent cinq fois par semaine, deux heures par soir après les cours. Mais à un niveau national, beaucoup de mes adversaires venaient d’Europe de l’Est ou du Caucase, notamment de Tchétchénie. Leur manière de s’entraîner était radicalement différente.

Jamais jusqu’à l’échec


Alors que chez nous, on cherchait souvent à aller jusqu’à la limite — finir vidé, trempé, incapable de faire une répétition de plus — eux faisaient l’inverse. Ils s’entraînaient parfois tout l’après-midi, alternant cardio, technique et exercices physiques, mais jamais jusqu’à l’échec.

Au début, je pensais qu’ils ne forçaient pas assez. Mais à force d’échanger avec eux, j’ai compris qu’ils cherchaient autre chose : la constance dans l’effort, pas l’épuisement.

La découverte : la méthode de Brieux Le Dantec


En cherchant à en savoir plus, je suis tombé sur un programme de Brieux Le Dantec, athlète reconnu en calisthénie. Il proposait une méthode simple mais redoutablement efficace : multiplier les séries loin de l’échec, réparties sur la journée.

Je me suis testé avec un exercice basique : les pompes. Mon maximum était de 50 avant que ma forme s’effondre. J’ai alors commencé à faire des séries de 25 pompes, espacées d’une à deux heures. Rien d’extraordinaire à chaque fois, mais très régulier.

Résultat ? En quelques jours à peine, mon maximum est passé de 50 à plus de 70 pompes. Sans douleur, sans fatigue excessive, juste grâce à la répétition intelligente.

Adapter la méthode à la lutte


Bien sûr, les pompes ne suffisent pas à gagner sur un tapis. Il fallait adapter la logique à la lutte : travail explosif, mobilité, endurance musculaire, sans prise de poids. J’ai donc intégré cette approche directement dans ma préparation, en alternant avec plus de travail cardio et d’exercices fonctionnels, sans jamais passer par les machines.

Cette méthode m’a permis de développer ma force sans prendre un gramme, et c’est même devenu mon point fort. Là où beaucoup de lutteurs français misaient surtout sur le volume d’entraînement ou la musculation lourde, cette approche m’a apporté un vrai avantage sur le plan physique et technique. J'ai pu développer mon cardio et mon endurance en combat.